Focus économique

Amélioration de la situation financière des entreprises

Amélioration de la situation financière des entreprises

Selon les comptes nationaux publiés récemment par l’Insee, la production des entreprises installées en France (champ : sociétés non financières) a augmenté de 4,6 % en euros courants en 2017, rythme le plus élevé depuis 2011.

Dans le même temps, les consommations intermédiaires ont également progressé (+ 5,2 %), soutenues par le besoin d’approvisionnement des entreprises en phase de reprise d’activité ainsi que par le renchérissement des matières premières, notamment énergétiques ; en effet, les cours du baril de Brent se sont inscrits en moyenne annuelle 2017 à 55 $ contre 45 $ en 2016. Au total, le montant de la valeur ajoutée s’est raffermi de 3,7 % durant l’exercice passé.       

Stabilisation du taux de marge

Ce surplus de valeur ajoutée a été réparti de façon à peu près équivalente entre les trois postes, à savoir les charges salariales, les impôts sur la production et l’excédent brut d’exploitation. Ce dernier a atteint 378 milliards d’euros, de sorte que le taux de marge s’est établi à 31,9 % de la valeur ajoutée, niveau comparable à celui de 2016 ; il demeure encore inférieur de près de deux points au plafond de 2008. En comparaison, le taux de marge dans l’industrie manufacturière (y compris entreprises individuelles et hors raffinage) est stabilisé depuis deux ans à un peu moins de 37 %. Contrairement aux sociétés non financières considérées dans leur ensemble, la branche manufacturière a bénéficié ces dernières années de gains de productivité significatifs.

Réduction des frais financiers en ligne avec celle des taux d’intérêt

Les statistiques de l’Insee témoignent d’un repli des frais financiers nets versés par les entreprises d’une part et des dividendes nets d’autre part. Les premiers poursuivent leur repli en 2017
(- 7,5 milliards en un an) à la faveur de conditions d’emprunt avantageuses : les taux d’intérêt sont ressortis en moyenne à moins de 1,6 % l’an passé, un minimum depuis la mise en circulation de l’euro. Les seconds restent très inférieurs à leur point haut touché entre 2008 et 2010, en dépit des performances des entreprises du CAC 40 régulièrement commentées par les médias et dont les sommes versées au titre des dividendes et des rachats d’actions sont estimées à plus de 50 milliards d’euros. Au total, la rémunération du capital représente aujourd’hui 2,9 % de la valeur ajoutée dégagée par les sociétés non financières, niveau le plus bas jamais enregistré.  

Les investissements ne sont pas autofinancés

L’épargne des entreprises s’est ainsi accrue de 65 milliards d’euros lors des cinq dernières années dans l’Hexagone. Pour autant, celle-ci ne suffit pas à couvrir leurs dépenses d’investissement : en 2017, la première a été inférieure de l’ordre de 13 milliards d’euros aux secondes ; le taux d’autofinancement (épargne / investissement) a donc atteint 95,5 %. Ces deux dernières décennies, ce ratio a dépassé la barre des 100 % à seulement cinq reprises. Cette situation, associée à des taux d’intérêt attractifs, conduit à une montée en puissance de l’endettement, à rebours de ce qui est observé ailleurs en Europe.