Focus économique

Une conjoncture industrielle mondiale porteuse

Une conjoncture industrielle mondiale porteuse

Partout ou presque, l’activité manufacturière est bien orientée, nourrie par le dynamisme retrouvé des échanges de marchandises, notamment en provenance d’Asie. Selon les données disponibles pour une cinquantaine de pays, la production industrielle mondiale a augmenté à un rythme proche de 4,5 % en volume entre février 2017 et février 2018, en regard d’une avance de moins de 2 % en 2015-2016. La variation moyenne observée pour les pays de l’OCDE           (+ 3,5 %) reste inférieure à celle mesurée pour les autres économies mais l’écart se resserre.     

Longévité du cycle américain

Aux Etats-Unis, les chefs d’entreprise se montrent particulièrement optimistes : l’indicateur d’activité avancé, mesuré par l’institut ISM auprès de plusieurs centaines de directeurs d’achat d’établissements du secteur industriel, a culminé à 61 en février 2018 (50 délimitant contraction et expansion), c’est-à-dire la meilleure performance depuis trente ans ; il a quelque peu fléchi depuis lors mais s’est maintenu sur un palier très élevé de 57 en avril. Le cycle de croissance américain actuel est le plus long jamais enregistré, de sorte que des pressions inflationnistes finissent par apparaître, de façon plus significative qu’en Europe.     

     

Niveau élevé du climat des affaires en Europe

En zone euro, le moral des industriels reste également au beau fixe. Cette observation vaut pour les huit pays dans lesquels l’institut Markit réalise un sondage mensuel, bien que les derniers soldes d’opinions recensés suggèrent que le rythme d’expansion a atteint un pic à la fin de l’an passé. Les tensions sur l’appareil de production sont telles que les délais de livraison des fournisseurs n’ont jamais été aussi élevés depuis vingt ans au moins en Allemagne. Les commandes adressées aux entreprises manufacturières employant plus de vingt salariés atteignent un niveau inédit, principalement en raison de la vigueur de la demande étrangère. Les exportations allemandes de marchandises dépassent désormais le seuil des 110 milliards d’euros chaque mois en regard de moins de 100 milliards à l’été 2016 ; l’excédent s’établit aux environs de 21 milliards. En France également, de plus en plus d’industriels indiquent à l’Insee qu’ils ne seraient pas en mesure d’accroître leur offre s’ils recevaient davantage de commandes : le nombre d’entreprises connaissant des goulots (c’est-à-dire un taux d’utilisation proche de 100 %) est jugé au plus haut depuis 2000.           

L’expansion se maintient à proximité de 7 % en Chine

L’activité industrielle conserve un rythme de croissance proche de 7 % l’an en Chine malgré la fermeture d’unités de production jugées trop polluantes. La mise en place de mesures protectionnistes par les Etats-Unis affecterait marginalement les performances économiques du pays, où l’érosion des parts de marché à l’exportation est compensée par la montée en puissance graduelle du poids de la consommation des ménages.