Focus économique

Coût du travail : les derniers chiffres

Coût du travail : les derniers chiffres

Les indices de coût du travail pour le premier trimestre 2018 viennent d’être diffusés par l’Insee. Ils affichent désormais une hausse plus marquée en raison de la réduction du taux du CICE depuis le 1er janvier. De surcroît, le retour de l’inflation favorise l’accélération des salaires nominaux.

Accélération au début 2018

L’indice du coût horaire du travail dans les établissements de dix salariés et plus relevant des secteurs marchands (somme des salaires, des cotisations patronales et des taxes nettes de subventions) a augmenté de 1 % entre le quatrième trimestre 2017 et le premier trimestre 2018 en France. Le glissement annuel est estimé à 2,3 %, rythme qui n’avait plus été observé depuis cinq ans et demi. Ce mouvement doit être attribué à l’abaissement de 7 à 6 % du taux du CICE portant sur les rémunérations jusqu’à 2,5 SMIC, mesure prévue dans le dernier projet de loi de finances. Rappelons que ce crédit d’impôt sera supprimé à compter du début 2019 et remplacé par un abaissement des cotisations sociales, décision qui, au final, pénalisera les entreprises compte tenu de l’alourdissement de l’impôt sur les sociétés qui s’en suivra.

L’accélération des coûts se produit dans l’industrie (+ 2,2 % sur un an au premier trimestre 2018 après + 1,6 % fin 2017), et, dans les services (+ 2,5 %) en ligne avec une augmentation plus significative dans les activités de commerce et d’entreposage. En revanche, elle se tempère à 1,8 % dans la construction, sous l’effet du ralentissement des salaires qui avaient bondi de plus de 3 % en moyenne l’an passé.              

Plus de 39 € dans l’industrie hexagonale

Selon les évaluations de l’institut d’études Coe-Rexecode, le coût du travail dans l’Hexagone atteint 37,8 € par heure travaillée dans les secteurs marchands au premier trimestre 2018 d’une part, et    39,1 € dans l’industrie manufacturière de l’autre. Dans ce dernier champ, le coût français est le cinquième plus élevé de l’Union européenne, derrière ceux du Danemark et de la Belgique (entre 44 et 45 €), de la Suède (un peu plus de 42 €) et de l’Allemagne (42 €) où la vigueur de l’activité s’est traduite par des revalorisations salariales plus significatives ces dernières années.

Si la progression des coûts s’est renforcée au début 2018 en France, elle s’est montrée moins vive qu’ailleurs entre 2012 et 2017 compte tenu de la stabilité des coûts autres que les salaires et traitements sur la période, elle-même liée à la mise en œuvre du Pacte de responsabilité (y compris le Cice). C’est en revanche l’inverse qui a été observé entre 2000 et 2012, puisque les coûts ont augmenté d’environ 50 % dans notre pays contre 40 % en zone euro. Au total, dans l’industrie manufacturière, le coût français exprimé en euros dépasse actuellement de 15 % celui mesuré pour la moyenne de l’union monétaire, alors qu’il lui était supérieur de 9,5 % il y a dix-sept ans.