Focus économique

Les dépenses publiques continuent de progresser

Les dépenses publiques continuent de progresser

La France, comme ses voisins, est clairement engagée sur la voie de la reprise depuis plusieurs trimestres. La croissance économique s’inscrit en effet sur une cadence proche de 2,5 % l’an, favorisant des créations nettes de postes salariés de l’ordre de 250 000. Ce cercle vertueux est une condition nécessaire mais non suffisante pour réduire les déséquilibres des comptes publics, largement liés à un manque de maîtrise des dépenses.      

Des recettes budgétaires meilleures que prévu

L’amélioration de la conjoncture contribue naturellement à la hausse des recettes de l’Etat. Celles-ci sont chiffrées à 314 milliards d’euros en 2017, c’est-à-dire près de 10 milliards de plus qu’à la fin 2016 et 3 milliards de plus que ce qui avait été retenu dans le projet de loi de finances 2018 en septembre dernier. Ce mouvement doit beaucoup à la progression de la collecte des impôts sur les sociétés et plus encore de la TVA.

Plus de dépenses malgré le repli des investissements

Les dépenses, à 387 milliards d’euros, ont pour leur part également augmenté à hauteur de
7 milliards en un an, en raison de la vigueur des dépenses de personnel (rémunérations des fonctionnaires) et d’intervention (prestations sociales), lesquelles représentent plus des deux tiers du total. Le déficit de l’Etat atteint ainsi 68 milliards, le solde des comptes spéciaux (affectation de recettes à des dépenses particulières) s’inscrivant à 5,6 milliards. Selon une première estimation des comptables nationaux, les dépenses des administrations publiques auraient légèrement accéléré l’an dernier à + 1,4 % en volume (hors inflation) après + 1 % en moyenne les trois exercices précédents, ce malgré le repli des dépenses d’investissement. Ce résultat n’aurait toutefois pas empêché le retour à un déficit public nominal en deçà du seuil des 3 % du PIB. En regard, le ratio a probablement atteint 1,1 % en moyenne en zone euro, notamment grâce à l’excédent enregistré en Allemagne pour la quatrième année consécutive (0,9 % du PIB).           

La dette publique ne s’infléchit pas

En 2018, le déficit public effectif comme structurel se réduirait à peine en France, de sorte que la dette se maintiendrait autour de 97 % du PIB. Quasiment tous les pays d’Europe verraient leur ratio d’endettement diminuer selon les dernières prévisions publiées par la Commission européenne.