Focus social

Dialogue social en entreprise : l’heure du changement

Dialogue social en entreprise : l’heure du changement

La réforme des instances représentatives du personnel doit être considérée comme une opportunité de mettre en pratique une conviction forte portée depuis longtemps dans la branche : un dialogue social efficace et bien organisé peut constituer un véritable levier de compétitivité des entreprises.

La réforme de la représentation du personnel…

Sur l’ensemble des mesures prévues par les ordonnances « travail », une seule nécessitait une adaptation rapide de l’organisation de presque toutes les entreprises : la fusion des institutions représentatives du personnel au sein d’une instance unique, le CSE.

Cette réforme n’est pas cosmétique, et à ce titre, génère de nombreuses questions, dans un délai limité (le CSE doit être mis en place, au plus tard, Le 31 décembre 2019).

Deux visions se sont rapidement dégagées : une mise en place stricte des nouvelles dispositions légales (qui procèdent à une rationalisation conséquente des instances et de leur fonctionnement), au risque de provoquer une forme de rupture sociale dans l’entreprise, ou, à l’inverse, la tentation de reproduire le fonctionnement des anciennes instances en les transposant dans le nouveau cadre législatif, pour s’assurer un climat social sans tension.

Les entreprises ont tout intérêt à emprunter une voie médiane, c’est-à-dire à construire l’architecture et le fonctionnement de la nouvelle instance qui correspondent le mieux à leurs problématiques économiques et sociales. Cette architecture doit permettre d’éviter un formalisme excessif, en ciblant les sujets d’échange les plus pertinents.

L’enjeu est d’en faire une instance capable d’accompagner la stratégie de l’entreprise dans les moments fastes comme à travers les difficultés qu’elle peut rencontrer.

… levier pour utiliser les opportunités offertes par les ordonnances « travail »

Avec le CSE, le gouvernement a clairement souhaité une transformation immédiate et profonde du dialogue social. Et pour cause : c’est la qualité de ce dialogue qui  constitue la clé de voûte de la proposition faite aux entreprises avec la réforme du code du travail.

On le sait, les nombreuses souplesses introduites par les ordonnances sont, pour la plupart, virtuelles : elles ne seront réelles que si elles s’inscrivent dans le cadre d’accords collectifs négociés au sein de l’entreprise.

La mise en place du CSE constitue donc le premier exercice d’une nouvelle pratique du dialogue social. Cet exercice porte plus sur la méthode que sur le fond, mais pourrait permettre aux acteurs d’enclencher une nouvelle dynamique dans leurs rapports, avec, pour objectif idéal, celui de passer d’une logique de défiance à une logique de confiance. 

Au moment où la place du dialogue social dans la démocratie est questionnée, voire malmenée, c’est au cœur des entreprises qu’il est appelé à trouver un nouveau souffle. Dès lors, il devient indispensable d’accompagner les entreprises dans les évolutions nécessaires pour accéder à de nouvelles opportunités.