Focus économique

Faiblesse persistante de l’inflation

Faiblesse persistante de l’inflation

Hausse des prix de l’énergie

L’indice des prix à la consommation a probablement augmenté de 1 % en moyenne annuelle 2017 en France (le résultat définitif sera connu à la mi-janvier). Ce résultat met un terme à trois années de très faible inflation, cette dernière ayant évolué entre 0 et 0,5 % depuis 2014.

Globalement, l’accélération enregistrée tient pour beaucoup à la remontée des prix de l’énergie, elle-même liée à la hausse des cours du pétrole. En effet, ces derniers sont passés d’un point bas d’à peine 30 $ par baril pour le Brent en janvier 2016 à 50 $ un an plus tard, puis à 60 voire 65 $ à la fin 2017. Par conséquent, la contribution des prix de l’énergie à l’évolution de l’indice d’ensemble a sans doute été de 0,5 point cette année, soit la moitié de l’indice d’ensemble (alors que leur poids dans le panier de consommation n’est que de 8 %). Dans le même temps, les prix des produits manufacturés sont demeurés orientés à la baisse, même si un léger frémissement est perceptible ces derniers mois suite à l’inflexion haussière des prix de production et des matières premières industrielles. Dans l’alimentation, l’inflation est restée contenue sous la barre des 1,5 %, comme c’est le cas depuis plusieurs années. Enfin, la progression de l’indice a évolué autour de 1 % l’an dans les services, rythme le plus faible enregistré depuis près de vingt ans. Pour mémoire, l’inflation dans cette composante oscillait autour de 2,5 % entre 2003 et 2008.

Vers une inflation limitée à 1 % en 2018

Malgré le retour de la croissance économique, la progression de l’inflation se limiterait à 1 % en 2018, comme l’année précédente. Le relèvement de taxes (tabac, carbone) tirerait l’indice général des prix à la consommation mais la forte augmentation des prix de l’énergie en 2017 pourrait se dissiper dès les premiers mois de l’exercice à venir. En parallèle, l’inflation sous-jacente demeure figée sur la barre des 0,5 % l’an, rythme particulièrement faible qui signale l’absence de tensions sur les prix. En effet, le taux de chômage peine à refluer et s’inscrit encore à plus de 9 % de la population active, ce qui pèse notamment sur les salaires, lesquels augmentent de l’ordre de 1,3 % l’an.

L’ensemble des pays développés ne parvient pas à retrouver les standards d’inflation d’avant la crise de 2008, les banques centrales éprouvant les pires difficultés à la relancer. Les éléments d’explications sont multiples : redémarrage de la croissance trop récent, nouvelles technologies, facteurs démographiques, concurrence internationale exacerbée, politiques budgétaires restrictives, etc.