Focus économique

Hausse du déficit des échanges de biens industriels

Hausse du déficit des échanges de biens industriels

Léger repli des exportations en 2016  

Les exportations françaises de marchandises, qui avaient été dynamiques à la fin 2014 et lors de la première moitié de 2015 grâce à la dépréciation de l’euro contre dollar, se sont contractées jusqu’au printemps 2016, avant de rebondir au second semestre. Au total, elles ont diminué de 0,7 % l’an passé, dépassant de peu 443 milliards d’euros (10 milliards de plus en incluant le matériel militaire), après 446,5 milliards en 2015. Elles ont été affectées par la chute des ventes d’énergie (- 19 %), mais aussi de produits agricoles (- 9 %) compte tenu d’une récolte céréalière historiquement faible. De leur côté, les exportations de produits métallurgiques – qui représentent plus de la moitié du total – ont légèrement augmenté l’an dernier. La hausse de 3 % de celles en matériels de transport (notamment des secteurs naval et de la construction automobile) a en effet compensé le recul observé pour les biens d’équipement et les produits métalliques (sidérurgie).

Les importations françaises de marchandises demeurent volatiles. Elles ont touché un point haut historique de 131,4 milliards d’euros au quatrième trimestre, tirées par le rebond des approvisionnements énergétiques lui-même lié au redémarrage de l’activité dans les raffineries après les mouvements sociaux du printemps. En 2016, les achats à l’étranger sont restés stables, à 509 milliards d’euros.

En conséquence, le déficit extérieur s’est creusé de 2,7 milliards d’euros lors du dernier exercice (à près de 66 milliards), en dépit d’un allègement de près de 6 milliards de la facture pétrolière. Le déficit pour les produits industriels s’est en effet sensiblement élargi et l’excédent structurel de la balance des denrées agricoles a disparu pour partie en raison d’aléas climatiques. Parmi les pays de la zone euro, 12 affichent un déficit commercial et 7 un excédent ; l’Allemagne fait largement la course en tête avec un surplus total de l’ordre de 250 milliards d’euros en 2016, devant les Pays-Bas et l’Italie.   

Echanges extérieurs français* (en milliards d’€) 2013 2014 2015 2016
Exportations de biens 428,2 428,1 446,5 443,2
Importations de biens 507,2 504,2 509,7 509,2
Solde des biens -79,0 -76,1 -63,2 -65,9
Solde des biens manufacturés -35,1 -39,5 -36,9 -43,7
Solde des produits énergétiques (hors pétrole raffiné) -48,4 -38,8 -28,7 -22,9

*hors matériel militaire

Apparition d’un déficit pour les échanges de services

Le solde français de la balance des services est devenu négatif pour la première fois à l’été 2016, ce qui constitue un signal supplémentaire de la perte de compétitivité de notre pays. Ce mouvement s’explique par l’émergence d’un déficit des échanges de services hors voyages – notamment les services aux entreprises comme le conseil de gestion et la R&D- ressorti à 1,2 milliard d’euros au troisième trimestre 2016 puis à 0,7 milliard au quatrième, contre un excédent d’1 milliard à l’été 2015 et de 2 à 3 milliards jusqu’à l’été 2014. De son côté, le surplus du poste « voyages » s’est maintenu mais est nettement moins significatif que par le passé compte tenu de la moindre fréquentation touristique, en particulier celle des clients étrangers en région parisienne (effet attentats).  

Au final, le solde des échanges de services, traditionnellement excédentaire, a été tout juste positif l’an dernier.