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Intégration de la France dans les échanges mondiaux

Intégration de la France dans les échanges mondiaux

Un mécanisme à l’œuvre depuis plusieurs décennies

L’intégration de la France dans les échanges internationaux s’est produite en plusieurs temps. De l’après-guerre jusqu’à la fin des années soixante, le taux d’ouverture de l’Hexagone (demi-somme des importations et exportations, rapportée au PIB) s’élevait à 13 % du PIB. Le ratio a progressé de 10 points environ de 1969 à 1983, avant de se stabiliser sur un palier d’un peu plus de 20 % jusqu’en 1997. Il s’est depuis lors réorienté à la hausse, ressortant aujourd’hui à 31 %. Ce mouvement a également été observé dans les autres grandes économies industrialisées, de façon plus ou moins prononcée. Le taux d’ouverture britannique a grimpé de 20 à 30 % entre 1960 et 2016 ; en Allemagne il a bondi de 13 à 42 % sur la même période. Aux Etats-Unis, le ratio est passé de 4 % du PIB à 14 % en cinquante ans.

En 2014, un peu moins de 22 800 filiales d’entreprises étrangères étaient implantées en France selon Eurostat, contre moins de 8 800 en 1999. Elles représentent plus de 20 % du chiffre d’affaires total des entreprises installées dans le pays (contre 17 % en 1999) et emploient plus de 1,7 million de personnes. Inversement, les firmes multinationales françaises contrôlent 37 000 filiales et comptent 5,5 millions de salariés à l’étranger. Le développement des entreprises à l’international a entraîné une fragmentation des chaînes de valeur, via la dispersion des sites de production et de commercialisation. Selon l’OCDE, le contenu en valeur ajoutée étrangère dans la demande finale intérieure française a progressé de 18 % en 1995 à 23 % en 2011, dernière année connue. Dans le même temps, le contenu en valeur ajoutée domestique des exportations françaises diminuait de 83  à 75 %. Ce mouvement reflète l’utilisation croissante d’intrants importés par les entreprises nationales et qui sont destinés à être réexportés une fois transformés en produits finis. Les statistiques diffusées par l’Insee pour l’année 2013 font ainsi apparaître que la moitié des consommations intermédiaires et 46 % des investissements en produits manufacturés sont issues d’importations.

Une forte présence dans la chaîne de valeur, mais des pertes de part de marché

Malgré une présence marquée dans la chaîne de valeur, la France n’a pas su tirer le maximum de bénéfices de la globalisation, enregistrant des résultats décevants à l’exportation. Sa part de marché dans les exportations mondiales de marchandises en valeur est tombée de 5 % au début des années 2000 à 3,2 % depuis 2012. La part de la France dans les exportations de biens et services de la zone euro se replie de façon continue depuis l’an 2000 (de 17 % à 13,4 % en 2016). Le taux de couverture des importations par les exportations évolue pour sa part entre 90 et 95 % depuis 2007 et est inférieur à 100 % depuis 2005. La persistance de ce déséquilibre reflète en fait la dégradation de la compétitivité du pays à l’œuvre depuis plus de quinze ans, la prise de conscience de ces dernières années n’ayant pour le moment pas permis de compenser les pertes antérieures.