Focus économique

Investissement des entreprises : une reprise engagée

Investissement des entreprises : une reprise engagée

Un bon premier semestre 2017

La croissance du volume du PIB est ressortie à 0,5 % au second trimestre 2017 en France, comme lors des deux précédents. Si la consommation des ménages marque le pas et le commerce extérieur ne parvient pas à soutenir durablement notre économie, les investissements font mieux que résister. Ceux des entreprises non financières ont en effet grimpé de 1 % en rythme trimestriel au printemps, grâce à une hausse de 1,4 % des dépenses en produits métallurgiques après un bond de 3 % en début d’exercice.

L’environnement est en effet porteur puisque les taux d’intérêt demeurent historiquement bas et que les résultats financiers des entreprises se sont améliorés. De surcroît, le dispositif fiscal de suramortissement a été prolongé à deux reprises, s’appliquant jusqu’en avril 2017. Enfin, dans un contexte d’accroissement de l’activité, le taux d’utilisation des capacités se renforce, atteignant désormais un peu plus de 84 %, soit 1,5 point de plus que la moyenne des vingt dernières années ; il reste néanmoins inférieur au pic de 2007-2008 (environ 86 %).    

Le secteur industriel impulse la dynamique. Depuis 2013, les entreprises manufacturières ont accru leurs investissements de près de 9 % en euros courants, ceux-ci ressortant à un peu plus de 59 milliards d’euros en 2016. Le mouvement se poursuivrait cette année à en croire les prévisions formulées par les industriels interrogés par l’Insee en juillet dernier : les dépenses augmenteraient de  7 % en moyenne annuelle 2017, principalement grâce à l’optimisme affiché par les fournisseurs de biens d’équipement. Les investissements en propriété intellectuelle (R&D et logiciels), tirés par le succès du crédit impôt recherche, marquent une hausse quasi continue depuis douze ans.

Une performance qui ne suffit pas à combler l’écart avec l’Allemagne

Entre 2000 et 2016, les investissements de la branche manufacturière ont grimpé de 19,5 % en euros courants en France. Sur la période 2000/2015 – qui autorise des comparaisons avec la majorité de nos concurrents – la hausse est de 15,5 %, contre + 29 % en Allemagne (où le seuil des 118 milliards est atteint) et + 21 % en Italie (où le niveau d’investissement est strictement identique à celui de la France). Au total, la variation enregistrée sur notre territoire est inférieure à celle de la zone euro        (+ 23 %) en raison de l’atonie des dépenses observée durant la première moitié de la décennie passée et d’un rebond relativement moins marqué depuis la grande crise financière. Il n’en reste pas moins que le poids de nos investissements dans ceux opérés par l’ensemble de nos voisins européens est strictement stabilisé depuis 2008.