Focus économique

Légère accélération des salaires en France

Légère accélération des salaires en France

Dynamisme des rémunérations annexes

Après plusieurs années de progression relativement faible, un frémissement des salaires est observé depuis peu. Le salaire mensuel de base (hors rémunérations annexes) dans les établissements de plus de 10 salariés affiche une augmentation de 1,3 % sur un an au troisième trimestre 2017. Il en va de même pour le salaire horaire de base des ouvriers, qui retrouve un rythme de croissance légèrement supérieur à celui enregistré entre 2015 et 2016 (+ 1,1 % l’an). Le mouvement est plus marqué pour le salaire moyen par tête, ce dernier comptabilisant l’ensemble des rémunérations (salaire de base, primes, intéressement, heures supplémentaires, etc.) : il affiche une avance de 2,2 % sur un an à l’été 2017, soit la plus forte depuis 2012.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce redémarrage. Tout d’abord, l’inflation est un peu plus présente, ressortant en moyenne annuelle à 1 % en 2017 après trois années de quasi-stabilisation. Elle devrait se renforcer quelque peu courant 2018, tirant naturellement à la hausse les salaires. Ensuite, l’embellie conjoncturelle a stimulé les rémunérations annexes, lesquelles représentent de l’ordre de 15 à 20 % du total. Enfin, les créations d’emplois dans le secteur privé ont été nombreuses depuis 2016 – de l’ordre de 60 000 en moyenne par trimestre – ce qui s’est traduit par un reflux du taux de chômage (même si celui-ci demeure encore à 9,4 % de la population active en métropole). Les tensions sur le marché du travail se renforcent, avec une part plus significative de chefs d’entreprise signalant des difficultés de recrutement, annonciatrices d’un début de pression haussière sur les rémunérations.

Le mouvement se poursuivrait cette année

La progression salariale devrait se poursuivre en 2018, bénéficiant de la revalorisation plus marquée du Smic que lors des années précédentes : + 1,2 % au 1er janvier après + 0,9 % en 2017 et + 0,6 % en 2016. D’après la Dares, celle-ci concerne environ 10 % des emplois du privé et a un impact sur l’ensemble des rémunérations proches du salaire minimum. Le maintien du dynamisme de l’activité jouerait également un rôle. Au final, le salaire mensuel de base augmenterait de près de 1,5 % en moyenne annuelle 2018 et le salaire moyen par tête, pour sa part, de l’ordre de 2 %, comme l’an dernier.