Focus économique

Maintien d’un déficit public élevé en 2016

Maintien d’un déficit public élevé en 2016

Moindre hausse des dépenses et des recettes

Les dépenses des administrations publiques ont progressé de 1,1 % en 2016 en France, à 1 257 milliards d’euros (56,2 % du PIB), après + 1,4 % en 2015. Cette décélération est principalement à mettre sur le compte du recul des intérêts de la dette, lesquels ont cédé 2,5 milliards d’euros l’an passé. Les rendements des emprunts d’Etat à 10 ans ont en effet été divisés par deux, à 0,5 % en moyenne. Les dépenses de fonctionnement ont été un peu moins dynamiques, en lien avec la légère décélération des rémunérations (+ 0,8 %). Les prestations sociales (46 % du total des dépenses) se sont quant à elles accrues de 1,8 %, compte tenu de la nette accélération des dépenses en médicaments et en médecine de ville. Les investissements sont restés stables, la baisse de ceux effectués par les administrations locales en raison du cycle électoral ayant été compensée par la hausse enregistrée pour l’Etat (matériel militaire). La dépense publique a progressé en moyenne de 1,5 % par an entre 2012 et 2016.

Les recettes ont pour leur part augmenté de 1,4 % l’an passé après + 2 % en 2014 et 2015, portées tout d’abord par la hausse des impôts (+ 1,6 %, à 639 milliards d’euros). Ceux sur les revenus et le patrimoine (+ 0,6 %) ont été freinés par la mesure d’allègement pour les ménages modestes mise en place par le gouvernement, tandis que les impôts sur les produits et la production (+ 2,3 %) ont été soutenus par la montée en charge de la taxe carbone. Les cotisations sociales ont bénéficié du regain de dynamisme de la masse salariale versée par les entreprises, progressant de 1,5 %. Au final, l’ensemble des recettes perçues par les administrations publiques se sont élevées à 1 181 milliards d’euros (52,8 % du PIB). Les seuls prélèvements obligatoires (recettes hors revenus de la propriété, amendes, etc.) se sont établis à 44,3 % du PIB, ratio quasiment stable par rapport à 2015.

Le déficit se réduit à peine

Le déficit des administrations publiques s’établit à 76 milliards d’euros en 2016, soit une réduction d’à peine 3 milliards. A 3,4 % du PIB, il est légèrement supérieur à ce qui était anticipé ces derniers mois. En fait, le déficit est reparti à la hausse sur le périmètre de l’Etat (+ 2,5 milliards), tandis qu’il refluait dans les organismes divers d’administration centrale (- 200 millions) et la sécurité sociale (- 1,8 milliard). Les finances des administrations locales sont quant à elles repassées en positif (+ 3,1 milliards). La France et l’Espagne restent les deux seuls pays de la zone euro ne respectant pas la limite des 3 % de déficit, et ce pour la neuvième année consécutive. Les efforts, notamment sur la maîtrise de la dépense, semblent dérisoires en regard de ceux réalisés par des pays comme le Portugal, la Grèce ou l’Irlande, qui, après avoir demandé l’aide de leurs partenaires européens ont fortement redressé leurs comptes publics. La dette atteint le record de 2 147 milliards d’euros (+ 49 milliards sur un an), soit 96 % du PIB.