Focus économique

Les prix de l’énergie stimulent l’inflation

Les prix de l’énergie stimulent l’inflation

L’amélioration de la conjoncture tire les prix à la hausse…

Plusieurs phénomènes sont actuellement à l’œuvre pour expliquer ce mouvement d’ensemble. Tout d’abord, l’embellie conjoncturelle enregistrée depuis le second semestre 2017 – malgré le contrecoup du début d’année – est de nature à soutenir les prix. Le regain d’activité se traduit en effet par de nombreuses créations nettes d’emplois (241 000 dans le secteur privé sur un an au deuxième trimestre 2018), le taux de chômage en métropole s’inscrivant désormais à 8,7 % de la population active (- 0,4 point sur un an). Les salaires de base progressent désormais de 1,5 %, rythme le plus significatif depuis quatre ans. Dans ces conditions, l’inflation sous-jacente (hors produits à prix volatils et tarifs réglementés), se renforce, grimpant d’un peu moins de 1 %. Entre 2016 et 2017, elle évoluait autour de 0,5 % l’an.

… mais le regain d’inflation est essentiellement lié à des éléments exogènes

Les tensions inflationnistes propres à l’économie française, bien que raffermies ces derniers mois, restent contenues. En fait, le renchérissement des prix tient essentiellement à deux facteurs : le tabac et l’énergie. Les tarifs du premier ont été concernés par le relèvement sensible des taxes ces derniers mois, affichant une progression de près de 17 % sur un an en août : la contribution est de 0,3 point sur les 2,3 % d’augmentation de l’indice général, ce qui n’avait plus été observé depuis 2003-2004. Pour l’énergie, l’avance est estimée à 13 % en août, tirée par l’évolution des seuls produits pétroliers :         + 21 %. Les cours du pétrole se sont nettement redressés depuis un an et demi, passant d’une moyenne d’environ 50 $ au premier semestre 2017 à plus de 70 $ sur la même période en 2018. Conjuguée à l’accroissement des taxes (taxe carbone, fiscalité du diesel), l’augmentation des tarifs de l’énergie s’est traduite par une contribution de l’ordre de 1 point à l’inflation d’ensemble (dont 0,2 point de taxes), soit près de la moitié du total. Les composantes du tabac et de l’énergie, qui pèsent pour moins de 10 % dans la structure de l’indice des prix de détail, expliquent ainsi 56 % du glissement annuel de l’inflation en juillet-août.

Au final, la hausse de l’indice général s’établirait à 1,9 % en 2018 selon les prévisions moyennes effectuées par les principaux instituts économiques. Hors tabac, elle atteindrait 1,6 %.