Focus économique

Reflux du taux de chômage

Reflux du taux de chômage

Au quatrième trimestre 2017, le taux de chômage au sens du BIT mesuré par l’Insee a franchement reculé en France. Ce résultat, qui a surpris par son ampleur, doit être nuancé, même si la tendance à la baisse enclenchée à partir de la mi-2016 reste incontestable.

Le taux de chômage repasse sous les 9 % fin 2017

Pour la première fois depuis 2009, le taux de chômage est revenu sous la barre des 9 % de la population active à la fin de l’an passé. Il s’inscrit à 8,9 % en moyenne sur le territoire et à 8,6 % dans la métropole, ce qui représente 2,5 millions de personnes. La forte baisse enregistrée sur un trimestre (- 0,7 point, soit – 205 000 chômeurs) fait suite à une augmentation sur la période précédente également surprenante (+ 0,2 point). Le repli du ratio a donc été de 0,5 point sur l’ensemble du second semestre, ce qui reste conséquent même avec une croissance du PIB supérieure à 2 % l’an sur la période et 130 000 créations nettes d’emplois salariés dans le secteur privé. Les variations erratiques de la population active – caractérisée par une forte saisonnalité – peuvent expliquer ce résultat. En principe, il faut aussi tenir compte de l’évolution du halo du chômage, lequel regroupe des personnes se situant à la frontière du marché du travail (recherche d’un emploi mais non disponible ou pas de recherche mais disponible pour travailler) ; or, il ressort au même niveau à la fin 2017 qu’au milieu de l’année.

Le reflux est généralisé…

La population des moins de 25 ans est celle pour laquelle le taux de chômage affiche le plus fort recul (- 2,8 points par rapport au quatrième trimestre 2016, à 21,7 %), suivie des 25-49 ans (- 1,1 point, à 8 %) et des 50 ans et plus (- 0,5 point, à 6,1 %). Dans le même temps, le taux d’emploi s’infléchit positivement dans l’ensemble des classes d’âges après plusieurs années d’effritement. Sur un an, il ressort ainsi en progression de 1,4 point chez les jeunes et les 50 ans et plus (à respectivement 29,8 % et 62,2 %) et de 0,9 point pour le reste de la population, à 81 %.  Le taux d’activité atteint quant à lui un record de 72,2 % des 15-64 ans, niveau qui reste encore en-deçà de la moyenne enregistrée dans la zone euro (73 %). La hausse de l’emploi joue donc un rôle primordial dans le reflux du chômage puisque la population active continue de s’accroître tendanciellement.

… mais laisserait place à une stabilisation début 2018

Après ce mouvement marqué durant la deuxième moitié de 2017, les prévisions de l’Insee laissent entrevoir une stabilisation du taux de chômage sur les six premiers mois de 2018. Les créations nettes d’emplois se maintiendraient sur un rythme semblable mais la population active serait plus dynamique, de sorte que le nombre de chômeurs resterait quasiment inchangé.