Focus économique

Résistance de l’économie chinoise

Résistance de l’économie chinoise

Un rééquilibrage progressif de la croissance

Les comptes nationaux chinois pour l’année 2016 ont été publiés récemment. Ils témoignent d’une croissance du volume du PIB de l’ordre de 7 % pour la troisième année consécutive, soutenue par des mesures de relance budgétaire (infrastructures) et une politique monétaire accommodante (réduction des taux d’intérêt). Cette performance est nettement inférieure à celles enregistrées jusqu’au début de la décennie actuelle mais suffit pour entraîner une remontée des cours des matières premières, en particulier le minerai de fer et les métaux non ferreux comme l’aluminium et le cuivre dont le pays est, de loin, le premier importateur mondial. 

La consommation intérieure est désormais le premier poste de soutien à l’expansion, stimulée par les achats d’automobiles qui ont atteint un nouveau record à plus de 24 millions de véhicules particuliers l’an passé. Au total, les dépenses des ménages représentent 39 % du PIB, soit près de 3,5 points de plus qu’en 2010. Ce ratio demeure sensiblement inférieur aux standards des autres grandes économies asiatiques : environ 47 % en Thaïlande, 55 % en Indonésie et 60 % en Inde. Les Chinois parviennent à maintenir leur effort d’épargne de précaution grâce à la vive augmentation des salaires (leur épargne équivaut à un tiers de leurs revenus depuis 2011). L’investissement privé, de son côté, a progressé à un moindre rythme en 2016 (+ 3 % en valeur contre + 10 % en 2015), dans un contexte de réduction des capacités dans certains secteurs, notamment l’acier et le charbon. Enfin, le commerce extérieur a de nouveau pénalisé l’activité compte tenu du recul des exportations ; l’excédent extérieur se maintient à un niveau impressionnant : pour les seules marchandises, celui-ci dépasse 500 milliards de dollars. Cette situation n’empêche pas le cours de la devise, le yuan, de s’affaiblir contre le dollar. En effet, pour le second exercice consécutif la Chine est devenue exportatrice nette de capitaux : les flux entrants se sont atténués, alors que les sorties se sont accélérées de sorte que les réserves de change ont fondu de près de 10 % en un an.

Boom du crédit

La croissance économique du pays s’accompagne d’une envolée des crédits- notamment aux entreprises-, situation qui préoccupe régulièrement le Fonds monétaire international. A la mi-2016, les encours détenus par les agents non financiers s’élevaient à 255 % du PIB ; le ratio est similaire à celui observé aux Etats-Unis alors qu’il lui était inférieur de 65 points cinq ans auparavant. Les créances douteuses détenues par les banques augmentent. Leur poids reste encore faible, représentant moins de 2 % de l’ensemble des crédits distribués.