Focus économique

Vigueur de l’économie allemande

Vigueur de l’économie allemande

En Allemagne, les deux principaux partis arrivés en tête lors des élections législatives de septembre dernier (CDU/CSU et SPD) sont récemment parvenus à un compromis pour la constitution d’une grande coalition. Cette période d’incertitude ne semble guère déstabiliser le pays, dont les performances économiques sont plus qu’encourageantes. La croissance du PIB est estimée à 2,2 % en 2017 (et même à 2,5 % en tenant compte des effets de calendrier), rythme le plus soutenu depuis six ans. Une nouvelle fois, la demande domestique s’est montrée solide, à l’image de la consommation des ménages et des investissements en biens d’équipement.

Quasi-surchauffe dans l’industrie

Dans l’industrie, l’activité, qui avait marqué le pas en 2016, est ensuite clairement repartie à la hausse. Fin 2017, le glissement annuel de cette dernière a en effet atteint 5 %, mouvement appelé à se poursuivre compte tenu de l’orientation des commandes adressées aux entreprises du secteur. Désormais, les exportations de marchandises ressortent à 110 milliards d’euros par mois contre moins de 100 milliards à la mi-2016, stimulées à la fois par la demande des pays européens et asiatiques.

Le baromètre de confiance IFO mesuré auprès des industriels a atteint un niveau jamais observé par le passé en janvier 2018. Les difficultés de recrutement, également à l’œuvre dans les économies voisines dont la France, sont particulièrement aiguës : la proportion des employeurs allemands de l’industrie signalant ne pas être en mesure d’accroître leur activité faute de personnel dépasse désormais 20 % ; les plus hauts précédents étaient seulement ressortis à 10 % environ. Dans ce contexte, le patronat de la métallurgie Gesamtmetall a signé le 6 février le renouvellement de la  convention collective de la branche : les éléments salariaux accordés correspondent à un coût total pour les entreprises de l’ordre de 3,5 % pour la durée de l’accord qui court jusqu’à mars 2020. Selon Eurostat, le coût de la main d’œuvre était évalué à 38,8 € par heure travaillée en 2016 dans l’industrie, en hausse de 10 % depuis 2012. En regard, il atteint 38,3 € en France et 32,6 € en moyenne en zone euro.

Nouvel excédent des comptes publics

L’Allemagne se distingue de ses concurrents par la maîtrise de ses comptes publics. Mieux que cela, elle enregistre un excédent depuis 2014 : l’an passé, le surplus dégagé par l’ensemble des administrations a atteint plus de 38 milliards d’euros au total, soit l’équivalent de 1,2 % du PIB. La dette, contenue à 65 %, se réduirait sensiblement dans les trimestres à venir, retombant vers 58 % du PIB fin 2019 selon la Commission européenne.