Focus économique

Zone euro : accélération de la croissance

Zone euro : accélération de la croissance

La majorité des indicateurs sont au vert…

L’embellie conjoncturelle est désormais à l’œuvre en zone euro. La croissance du PIB est ressortie à 0,6 % au deuxième trimestre 2017, le glissement annuel atteignant 2,2 %, rythme le plus élevé depuis le début 2011. L’expansion monte en puissance dans les principaux pays, s’inscrivant à 0,9 % en Espagne, 0,6 % en Allemagne, 1,5 % aux Pays-Bas, 0,5 % en France et 0,4 % en Italie – laissant enfin entrevoir dans cette dernière un renforcement de la reprise.

L’union monétaire bénéficie principalement de la vigueur de la demande interne. Les ventes de détail progressent franchement (+ 2,5 % l’an ces derniers mois), tout comme les immatriculations automobiles. Ces dernières tutoient les 11 millions en rythme annuel en juin dernier, niveau le plus élevé depuis le début 2010. L’amélioration de la situation sur le marché du travail stimule la consommation des ménages. Le reflux du taux de chômage, à 9,1 % de la population active en moyenne en juillet (- 0,9 point sur un an) est généralisé : il recule à 17,1 % en Espagne (- 2,5 points), à 11,3 % en Italie (- 0,2 point), à 4,8 % aux Pays-Bas (- 1,2 point) et à 3,7 % en Allemagne (- 0,5 point). L’emploi salarié avance pour sa part de 1,7 % au premier trimestre, dépassant sensiblement le point haut antérieur du premier trimestre 2008. Les dépenses publiques repartent de l’avant, en lien avec le desserrement des contraintes budgétaires. L’investissement en construction se redresse progressivement, le redémarrage du secteur immobilier étant bien enclenché ; les prix des logements augmentent de 4 % sur un an dans la zone euro et les permis de construire sont en hausse de 11 % – même s’ils demeurent relativement peu nombreux en regard de leur niveau d’avant crise. Les dépenses des entreprises sont également bien orientées, l’investissement en machines et équipements atteignant un pic depuis la grande crise financière. Les carnets de commandes sont au plus haut dans l’industrie et le taux d’utilisation des capacités de production est sensiblement supérieur à sa moyenne des trente dernières années. Enfin, du côté des échanges extérieurs, l’accroissement des exportations se modère tandis qu’il reste soutenu pour les importations ; l’excédent commercial demeure imposant, à près de 20 milliards d’euros par mois.

… avec toutefois quelques points de vigilance

Bien que le climat général soit à l’optimisme, deux indicateurs continuent d’être surveillés de près par les autorités monétaires européennes. Le glissement annuel de l’inflation a ralenti à 1,3 % en juin et juillet (avant de s’afficher à 1,5 % en août), interrompant l’accélération transitoire du début 2017 (+ 2 % en février) et éloignant la possibilité d’une remontée anticipée des taux directeurs. La hausse des prix reste modeste, alors que la croissance est plutôt soutenue. Enfin, l’appréciation marquée de l’euro par rapport aux autres grandes devises (depuis mi-avril 2017 : + 11 % contre le dollar et le yen, + 9,5 % contre la livre sterling, + 8 % contre le yuan) pourrait peser sur l’activité dans les prochains mois et freiner l’inflation, contrariant une nouvelle fois les anticipations de la Banque centrale.