Focus social

Zoom : le revenu universel

Zoom : Le revenu universel

Le principe d’un revenu universel de base est d’attribuer à chacun, indépendamment de ses revenus et de son statut d’activité, un revenu individuel, d’un montant uniforme et versé sans contreparties.

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Théorisé par des courants de pensée fort éloignés, le revenu universel de base a fait son entrée dans le champ politique avec un référendum d’initiative populaire en Suisse (qui a conduit à son rejet), la mise en place d’une expérimentation locale en Finlande et les programmes de plusieurs candidats à l’élection présidentielle française.

Les soutiens à l’idée poursuivent des objectifs différents. Dans une vision d’inspiration libérale, le revenu a vocation à se substituer, pour solde de tout compte, à tout ou partie du système de protection sociale. Pour d’autres, le revenu universel doit traduire la contribution de chacun, quelle que soit la nature de ses activités (domestiques, bénévoles ou productives), à la société. Enfin, une dernière école se situe dans la perspective de la raréfaction du travail : stagnation durable de la croissance et robotisation des activités justifieraient de déconnecter le revenu du travail.

Au plan de ses effets économiques, le revenu universel a fait l’objet d’une étude circonstanciée de l’OFCE (consultable ici).

Les auteurs soulignent le caractère irréaliste en pratique du revenu universel. Avec un niveau mensuel de 785 € (minoré pour les enfants et majoré pour les retraités et personnes handicapées), le coût net atteindrait 480 Mds€, soit 22% du PIB ou 35 points de CSG, ce montant astronomique tenant compte de la suppression du RSA et des prestations familiales et de logement.

En pratique, le fisc devrait verser chaque année 480 Mds € d’allocations forfaitaires avant de ponctionner, par un prélèvement à la source de type CSG, les revenus. Le niveau de l’imposition deviendrait rapidement confiscatoire. On comprend dès lors que les expérimentations privilégient des mises en œuvre ciblées (et non  universelles), par exemple pour les jeunes ou les demandeurs d’emploi.

Les auteurs de l’étude soulignent également que dans l’hypothèse d’une fin du travail, d’autres voies plus égalitaires sont possibles pour le partager et qu’il est difficile de justifier le financement d’activités sans bénéfice pour la collectivité. Ils rappellent enfin que le revenu universel peut s’apparenter à un renoncement au lien social qu’implique le travail et à l’abandon par la société de l’objectif de fournir à chacun un emploi.